Amérique du Nord... Nadine Deleury

C'est une nouvelle rubrique que nous avons le plaisir d'ouvrir aujourd'hui. Nous avons forgé nos certitudes de l'importance des pratiques collectives, bien souvent, en observant ce qui se passait à l'étranger. Les témoignages sont unanimes sur le choc que constitue pour des français la découverte de ces méthodes incroyables, de ces orchestres formateurs où l'on vibre ensemble dès la première séance, de ces pédagogies "audacieuses" dans lesquelles on apprend à parler avant d'apprendre à lire !...
Les musiciens français et ceux de l'école française partis vivre à l'étranger se sont fédérés autour d'un site sympathique créé par la clarinettiste Marie-Cécile Boulard :
... Ils nous disent, tous, combien la Musique les comble et combien elle peut être épanouissante dès le premier jour de pratique.
Nadine Deleury a émigré aux Etats-Unis en 1979. Elle est violoncelle solo de l'orchestre du Michigan Opera Theatre à Détroit, co-artistique directeur d'une saison de concerts "Chamber Music at the Scarab Club" à Détroit également et professeur de violoncelle à Oakland University (Michigan). Nadine et son mari (Haden McKay, violoncelliste au Detroit Symphony Orchestra) résident maintenant à Windsor (Ontario, Canada). Nadine est rédactrice à mousikos.fr, le site des musiciens à l'étranger, et à la Gazette de la rédaction de mousikos.
Première partie

mon expérience, mes observations.

Mes premiers souvenirs d'orchestre remontent à l'âge de 13 ans, à l'école de musique de ma ville natale quand je jouais dans l'Orchestre de la Société des Concerts des œuvres qui probablement me dépassaient. Je devais sans doute davantage me laisser porter par les professionnels et bons amateurs qui constituaient le pupitre de violoncelles qu'y prendre une part active.
Mes souvenirs suivants sont au Conservatoire de la rue de Madrid. Les classes dites d'orchestre étaient en fait des classes de direction. Les maîtres étaient Manuel ROSENTHAL et Georges TZIPINE. Il est sûr qu'on aurait pu s'y instruire mais elles étaient rendues tellement ennuyeuses par les arrêts continuels et le fait que nous étions complètement délaissés au profit des élèves chefs que c'était le chahut complet. De plus cet orchestre ne se donnait pas en concert. De toute façon nous ne deviendrions jamais des musiciens d'orchestre, pas vrai ?!
A ce propos, une anecdote dont j'ai été le témoin est celle de Brigitte MASSIN, la célèbre musicologue, qui interviewant un étudiant en musique américain lui pose la question : "Qu'aimeriez-vous devenir plus tard ?", la réponse immédiate de celui-ci fut "musicien d'orchestre", elle ne put s'empêcher de se faire la réflexion que cette réponse ne viendrait certainement pas d'un étudiant français.
J'ai passé deux ans à l'Université de Yale aux Etats-Unis. L'un des premiers concerts auquel j'assistai était celui de l'orchestre des "undergraduates" dont la moyenne d'âge est 19/20 ans et dont la grande majorité ne deviendrait pas musicien, je me souviens avoir été ébahie par la classe de cet orchestre.
Puis je me suis installée à Détroit où j'ai enseigné tout d'abord dans une petite école de musique au centre-ville. J'y donnais en fait tout simplement des leçons particulières. Cette école n'avait aucune classe de théorie comme j'allais le découvrir avec stupeur quand je recommandai à une élève de s'y inscrire. Je réalisai alors que les élèves apprenaient la théorie musicale "sur le tas" à travers l'étude de l'instrument. Pour moi qui, comme bien d'autres, avais accompli deux ans de solfège avant de commencer le violoncelle, c'était vraiment mettre la charrue avant les bœufs. Je compris alors qu'un élève typique, comme j'allais en recevoir des dizaines et des dizaines, a commencé la musique à l'école publique (ou privée), généralement en CM1. Il a donc quand il vient à moi déjà quelques notions musicales pour avoir reçu une introduction aux instruments à cordes par l'étude sommaire du violon (avec petit concert en fin de semestre !), puis choisi son instrument, et pour faire partie de l'orchestre de son école. Le professeur ayant été formé à jouer de tous les instruments et en enseigner quatre en ce qui concerne les cordes, les positions à l'instrument laissent souvent à désirer, ce qui est compréhensible.
En assistant aux concerts de mes élèves dans leurs écoles (souvent nanties d'un magnifique auditorium) j'ai souvent été frappée par la qualité du résultat alors que je connaissais leurs niveaux individuels. Il me fut alors apparent que le travail de groupe quelque soit le niveau de l'élève à l'instrument est une force qu'aucune leçon particulière et audition de fin d'année ne peuvent apporter.

Nadine Deleury

Note : Mes études au CNSMP datent de la fin des années 60 et mes études à Yale de fin 70. Je ne couvrirai dans ces articles que ce que je connais ce qui veut dire la région de Détroit, Michigan.

D'autres articles couvriront les sujets suivants :
-emploi du temps consacré à la musique dans les écoles
-orchestres de jeunes en dehors des heures d'école
-concours locaux et nationaux d'orchestres d'écoles
-études d'exemples spécifiques : un lycée à Detroit, un en banlieue


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Seconde partie
Musique dans un lycée à Troy, Michigan
Nadine Deleury
Ambassadrice DRaPOS-Mousikos U.S.A-Canada

PC105800-2Pour ce mini reportage sur la musique dans les écoles à travers la pratique d'orchestre, je vous emmène aujourd'hui à Troy, banlieue de Détroit dans une "high school" (lycée) publique dont le programme de musique est tout à fait exceptionnel. Il me faut tout de suite mentionner qu'il s'agit d'une banlieue aisée avec une importante population asiatique et que le prof est excellent et très réputé. D'autres articles décriront des écoles de quartiers et populations différents.
Ce lycée de 2000 élèves des classes de 9e au 12e "grades" (de la 3e à la terminale françaises) comporte trois orchestres, des "bands", deux chorales, en tout, plus de 250 musiciens.
J'ai pensé que le meilleur moyen de vous parler de ce lycée, que je connais déjà assez bien à travers mes élèves de violoncelle qui l'ont fréquenté, était d'y passer une journée et de suivre l'un des trois professeurs de musique, Alan, qui assure la direction des orchestres (les deux autres dirigeant la chorale et les harmonies). Il s'avère que le jour que j'ai choisi est la veille du concert des fêtes de fin d'années.
Heureusement pour moi, pas de répétition de pupitre aujourd'hui (habituellement à 6h40) ! La journée commence donc, comme tous les jours, à 7h30, avec la classe du "Concert Orchestra". La salle de musique est vaste, les murs et étagères couverts de diplômes, trophées, bannières et photos des nombreuses récompenses gagnées un peu partout au pays lors de compétitions nationales d'orchestres.
Après quelques directives concernant le concert du lendemain, la répétition commence. L'orchestre est composé d'une cinquantaine de cordes des classes de 10e, 11e et 12e "grades". Je réaliserai après avoir entendu les trois orchestres qu'il est le plus "faible" bien que je sois pour l'instant tout à fait impressionnée par leur niveau. Je peux deviner d'après leur position à l'instrument que certains au fond de l'orchestre ne prennent probablement pas de leçon, ce qui ne les empêche pas de bien se débrouiller. Une œuvre de jazz mettant en solistes trois contrebasses est particulièrement réussie. PC105819-2.jpg
 Ce qui m'a frappée, c'est la discipline de ces jeunes, qui ferait envie à bien des chefs d'orchestres professionnels !
A 8h19, changement de garde, les 56 instrumentistes à cordes du "Symphony Orchestra" arrivent. J'entendrai l'orchestre au complet ce soir à la générale. Pour le moment les cuivres, bois et percussions du "Symphony Winds" répètent dans la classe adjacente. L'admission dans cet orchestre se fait par audition en début d'année pour les élèves de 10e, 11e, et 12e "grades"(les 9e ont leur propre orchestre : le "Freshman Orchestra").
Sans plus tarder, ils entament la redoutable ouverture de Russlan et Ludmilla de GLINKA ! Un peu de travail de justesse par pupitre, Alan demandant quelquefois à entendre chaque instrumentiste individuellement, ce qui ne les gêne nullement.
Une violoncelliste quitte son pupitre et devient la soprano de la Bachianas Brasileiras No 5. S'en suit le diabolique 4e mouvement de la 5e Symphonie de CHOSTAKOVITCH. Je reconnais quelques traits que mon élève m'a apportés à ses leçons en vue d'une "seating audition". En effet, ces auditions sont un procédé utilisé dans beaucoup d'orchestres de jeunes. Les élèves jouent individuellement certains traits choisis à l'avance (bien évidemment les plus difficiles) devant le prof et leurs collègues de pupitre. PC105823-2.jpg
Ceux qui préfèrent ne pas auditionner restent au fond du pupitre. Un élève peut aussi, par ce concours interne, lancer un défi à un autre et espérer gagner sa place (ex. un violoniste du 3e pupitre des seconds violons peut envier la place du violoniste du 2e pupitre des premiers et demander à lui être comparé lors de l'audition). Ce système est controversé comme on peut l'imaginer. Une chose  est sûre ; ces passages difficiles sont mieux appris qu'ils ne le seraient autrement ! Contrairement à ce qu'on pourrait imaginer, du moins à travers mon expérience, les jeunes, souvent très compétitifs, ne détestent pas ce procédé. C'est seulement quand les parents s'en mêlent, offensés que leur enfant ait reculé de trois places, que les choses se gâtent !
Il est 9h30, les "freshman" (élèves de 9e "grade", de 3ème française donc) s'accordent. Ce sera demain leur premier vrai concert dans ce lycée. Il est donc bon pour Alan de leur faire certaines recommandations, notamment vestimentaires : smoking et noeud papillon pour les garçons, longue robe noire pour les filles.
Le "Freshman Orchestra" est un orchestre de chambre si on considère leur répertoire (Concerto pour la Nuit de Noël de Corelli), mais ils sont une cinquantaine également, avec 5 contrebasses ! Cet orchestre est excellent. Comme je le dis plus haut, il ne comprend que les 9e "grades". Ce n'est que l'année suivante qu'ils pourront auditionner pour le "Symphony Orchestra" s'ils le désirent, ou jouer dans le "Concert Orchestra". Il peut donc y avoir des musiciens de niveau assez élevé en dépit de leur jeune age, comme ces trois solistes du Concerto de Corelli.
Un groupe que je n'ai malheureusement pas eu l'occasion d'entendre est celui des "Fiddlers" ("violoneux"), ensemble de 23 cordes qui, sauf pour les violoncelles, jouent debout et par cœur des airs folkloriques d'Irlande ou de bluegrass américain, etc. Ce style donne aux jeunes musiciens la coordination et l'indépendance que jouer tout en bougeant peut apporter !
Les violoncellistes et contrebassistes sont dispensés d'apporter leur instrument personnel sauf pour la générale et le concert. L'école en possède un certain nombre que les élèves se repartissent.
Une fois par an, le lycée présente une comédie musicale avec orchestre qui est donnée quatre ou cinq fois.
Après déjeuner, j'accompagne Alan à la "Middle School" (le collège français) où il enseigne également, à quelques kilomètres du lycée. Dans ce cas, il s'agit des élèves de 7e et 8e "grades" (5e et 4e françaises), certains collèges comprennent plutôt les 6, 7, 8 et 9e "grades".PC105825-2
La salle de musique est semblable à la précédente. Il s'agit d'un orchestre à cordes. Ici, ils commencent un nouveau programme, le concert ayant déjà eu lieu. Lors d'un arrangement d'une Symphonie de MOZART, Alan procède à une démonstration d'un certain coup d'archet. Visiblement un plus fort pourcentage d'élèves ne doit pas prendre de leçons en dehors de l'école, mais le résultat est acquis rapidement.
 Retour au lycée à 19h pour la générale du concert de demain.
L'auditorium (comme dans bien des écoles américaines) est spacieux et confortable, la scène suffisamment large pour accueillir les 83 musiciens du "Symphony Orchestra" et du "Symphony Winds". Le "Concert Choir" d'une soixantaine de choristes se joint à eux pour répéter l'Alléluia du Messie.
Tout le monde, sur scène, dans les coulisses, au son et aux lumières est accoutumé à ce genre de préparatifs. La répétition se passe sans contretemps et laisse présager un concert exceptionnel demain soir.
Le grand événement annuel sera en avril prochain un voyage à Orlando (Floride) au Festival DISNEY. En plus de donner plusieurs concerts, les 123 musiciens participeront à des ateliers d'orchestre. Beaucoup d'activités touristiques sont également prévues.
Quant aux "seniors" (étudiants en fin d'année, ils ont alors 17 ans), s'ils le désirent, ils peuvent concourir pour jouer un mouvement de concerto avec orchestre au concert de fin d'année. Ce concert est assez cérémonieux et plein d'émotions. C'est en effet le départ vers l'université de toute une promotion d'élèves auxquels on souhaite bonne chance pour un avenir qui on l'espère gardera une place à la musique.

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Troisième Partie

La magie du violon sur les enfants d'un quartier de Detroit
Nadine Deleury
Si, dans mon dernier article, je vous ai emmenés dans un lycée de banlieue aisée de Detroit, je vais maintenant vous raconter ma visite d'une petite école privée d'un des quartiers les plus défavorisés de la ville.

Un quartier où le trafic de drogues en plein jour est chose courante, où les familles monoparentales ne survivent que grâce aux allocations familiales et où les enfants, dont on prédit qu'environ quatre sur cinq ne finiront pas leurs études de lycée, rêvent de devenir joueurs de football ou de basket-ball, mais certainement pas musiciens.

Dans cette école, fondée il y a neuf ans grâce à des dons de particuliers, on n' y apprend pas seulement les maths, les sciences et la grammaire mais aussi les bonnes manières. Son projet est de montrer à ces jeunes un monde différent que celui auquel ils sont habitués et de briser ainsi cette chaîne de pauvreté intellectuelle et physique qui semble être le lot de leurs familles.  

Chaque lundi, une lueur d'espoir et une occasion de découvrir cet autre monde sont offertes aux enfants de cette école. "Miss Z." qui est essentiellement violoniste de jazz et se destine à l'enseignement en école publique vient leur apprendre les rudiments de l'étude du violon.

Je la rencontre dans une maison très modeste située près de l'école. Le propriétaire, instituteur, a transformé le rez-de-chaussée en bibliothèque et en salle de musique. Une douzaine de violons, offerts par des particuliers ou loués, attendent d'être accordés. Tout en l’aidant à les accorder, Ms. Z. raconte : « Je suis venue un jour un peu par hasard faire une démonstration de mon instrument et j’ai été touchée par l'effet que celui-ci a eu sur les enfants. Réalisant que le monde dans lequel ils vivent ne leur permettrait jamais d'avoir accès à la musique et encore moins à l'étude d'un instrument, j’ai proposé à l'école de fonder ce programme ».

Il est 13h, un groupe de sept enfants de 7 à 8 ans, tous en uniforme scolaire bleu marine, arrive, grand sourire aux lèvres. Ils me serrent tous la main. Je ne peux m'empêcher d'être étonnée par la présence d'une petite fille blanche (comme les stéréotypes sont difficiles à éviter !), en fait il y en aura plusieurs parmi les trois classes. J'apprends que le personnel enseignant est tenu d'habiter le quartier; les fondateurs de l'école, la directrice et la maîtresse que j'ai rencontrée sont tous blancs. Detroit.violonG.jpgJe leur montre mon violoncelle. Ils se souviennent d'en avoir vu au concert du Detroit Symphony Orchestra auquel Ms. Z. les a emmenés. Après leur avoir joué plusieurs petites pièces, c'est à leur tour de se mettre à leur instrument.

Je comprendrai bien vite que ce n'est pas aujourd'hui que j'entendrai quelque mélodie ou même une gamme ! Il faut dire qu'ils n'ont pas eu de classe de violon depuis avant Noël et qu'au rythme d'une fois par semaine sans possibilité de travailler à la maison, le résultat ne peut être que modeste. Je m'attache plutôt à étudier leurs réactions vis-à-vis de cet instrument qui, à lui seul, les différencie des autres enfants du quartier. Il est leur fierté, et son apprentissage un défi. J'en observe un qui semble être le pitre du groupe (il en faut un !), mais quand Ms. Z. lui demande de se lever et de jouer les cordes à vide, répétées quatre fois, ses positions brusquement se transforment et son sourire de satisfaction me fait réaliser ce que cette prouesse doit représenter pour lui.

Il est 14h, nous attendons les petits de l'école maternelle accompagnés de leur maîtresse. Ms. Z. me demande ce que je pense. Je l'encourage et lui rappelle ce que ses efforts représentent dans la vie de ces enfants. Il m'est difficile, en voyant ces adorables visages, illuminés par la magie des sons qu'ils tirent de leur violon, d'imaginer les difficultés de leur vie quotidienne.

Detroit.violonF.jpgAprès la classe d'une demi-heure des petits, le dernier groupe arrive et le travail des cordes à vide reprend. Il est 15h30, j'aide Ms. Z. à ranger les instruments, elle me remercie de ma visite et de ma présentation du violoncelle. Je la quitte, monte dans ma voiture et promène un regard sur le quartier : terrains vagues, maisons délabrées… Quels souvenirs garderont ces enfants de ce violon qui, pour le moment, représente davantage un symbole qu'un véritable instrument de musique ? Trop tôt pour le dire, mais je n'oublierai pas leurs sourires ; et je leur ai promis de revenir !

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Quatrième partie

Par  Jessica Hauser, une "élève inspirée"
Mon histoire d'amour pour la musique a commencé en septembre 1993 dans une école publique du Michigan où l’enseignement de la musique était obligatoire.

Un jour, un groupe d'élèves de lycée est venu nous donner un petit concert afin de nous présenter les instruments de "bands" et les instruments à cordes. J’avais 9 ans et je fus très impressionnée par leur démonstration ! A mes yeux, ces musiciens étaient des superstars et je fus très impressionnée !

On nous demanda ensuite de choisir notre instrument et de nous engager à en jouer pendant deux ans. Je fixais mon choix sur le violoncelle dont j'avais aimé le son grave et la beauté du bois. Je ne savais pas encore que ce choix représenterait un test de courage et de persévérance dont j'aurais besoin tout au long de ma vie.

Jouer dans un orchestre m'aida à me concentrer et à m'épanouir dans de nouvelles activités. J'avais ainsi une occupation positive et attrayante qui me permettait de faire face aux événements négatifs qui pouvaient quelquefois m'arriver.

J'ai donc continué à jouer en orchestre d'école pendant toute ma scolarité primaire et secondaire, en prenant également des leçons particulières avec Nadine Deleury. Mais à l’université, il me fallut me consacrer entièrement à mes études, et le violoncelle resta de côté.

Une fois mes études terminées, j'éprouvai cependant le besoin urgent de m'y remettre. C'est pourquoi je contactai Nadine pour reprendre mes leçons.

Je travaille maintenant mon instrument avec l'application que j'aurais dû mettre dans ma jeunesse. Il est vrai que quand j'étais jeune, l'orchestre était davantage un test de mes valeurs personnelles et de mon aptitude à travailler en groupe que l'étude de la musique elle-même et de sa technique.

Adulte maintenant, j'étudie le violoncelle pour l'art de créer la musique : ce moyen de communication avec lequel on exprime ses émotions, sans même prononcer un mot.

Je suis certaine que si je n'avais pas bénéficié de cette formation obligatoire d'orchestre quand j'étais jeune, je n'aurais jamais eu l'occasion de jouer d'un instrument de musique. Je suis reconnaissante des opportunités qui s'offrent à moi maintenant grâce à la musique et j'espère que les écoles continueront à offrir la même qualité de programmes dont j'ai pu profiter.

 Jessica Hauser, une "élève inspirée"
(Traduction de Nadine Deleury)

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