Partager l'article ! Archives, pêle mêle...: 19 JANVIER 2007, ORCHESTRES À L'ÉCOLE À RADIO FRANCE Message de Daniel Véron, Chargé de mi ...
La semaine
· A débuté avec « le piano qui bouge » : plaisir du chant, découverte de la batterie et du piano.
· A continué avec un spectacle musical : « Séraphine »
· Et l’intervention « d’audition solidarité »
· A enchainé avec un concert offert dans une école maternelle
· S’est terminé à la scène Watteau, théâtre de Nogent sur Marne, par le concert en partenariat avec l’orchestre PASDELOUP
Ce concert a
· d’abord nécessité un travail de répétition entre nous
· puis avec le chef d’orchestre, Alexandra CRAVERO
· ensuite une répétition avec les musiciens et le chef d’orchestre
· et enfin le filage
·
avant le concert

Maternelle
cycle 3 et professionnels Alexandra,le chef
Outre cela, l’école a ouvert ses portes aux parents pour des ateliers « osez le violon ». Les
enfants viennent avec leurs parents et CHAQUE enfant s’occupe de SON parent ! C’est un lieu et un moment de rencontres. Les petits bouts de choux sont grimpés sur les chaises pour être à
hauteur des parents et chacun apprend ce que lui-même a appris … On apprend aussi beaucoup sur les relations qui existent, sur la prise en charge réciproque … Le principal but est la
communication au cœur de la famille. Les parents réalisent d’une part que leur enfant apprend vraiment quelque chose de difficile, qu’il fait des efforts et qu’il est bon ! et d’autre part
que l’enfant peut avoir des connaissances qu’ils n’ont pas et que dans cette situation ils doivent à leur tour doit savoir écouter l’enfant. Dans certains cas le parent ose entrer dans
l’école alors qu’habituellement il préfère éviter pour ne pas entendre de reproches à propos de son enfant. C’est aussi un moment différent de rencontres parents/enseignants, un moment officieux
où le langage est plus libre

Et l’école a ouvert ses portes à des parents musiciens ou autres musiciens venus offrir leur temps pour faire découvrir un instrument à tous ces élèves curieux et avides
d’apprendre.
Une composition écrite par un élève
pourtant peu de temps est consacré à l’écrit … ils ont le
support mais l’apprentissage se fait oralement !
Conclusions :
Encore bravo pour cette après midi, que du bonheur !
Tout était beau et simple, les morceaux ce sont enchainés avec à la fois précision, sérieux et convivialité, un vrai spectacle. On en oublie tout le travail derrière, toute cette organisation, toute cette « discipline » au sens très noble du terme, ce « jeu » ensemble était réussit grâce à tout cela, merci à toute l’équipe. L’orchestre Pasdeloup a été très heureux de jouer aux côtés des enfants et de jouer aussi pour eux, il faut attendre quelques retours mais j’imagine une évolution du projet avec un peu plus d’échange encore en amont mais déjà le matin dans l’école était vraiment très chouette.
Marianne Rivière
Présidente
Concerts Pasdeloup
C’est d’abord le regard qui est sollicité dès notre entrée dans la salle de concert, immense scène à plat, du Théâtre Watteau, sur laquelle, aux pieds des fauteuils du premier rang, sont posés une cinquantaine de petits violons et leur archet, en ordre parfait, qui attendent les petites mains qui vont leur donner vie. C’est encore notre regard qui est sollicité lorsque tout le monde est installé : les touts petits de maternelles, les petits de CM2, les plus grands, les quelques adultes parents ou enseignants, et bien sûr, les cordes de l’Orchestre Pasdeloup avec leur chef, présents dès le premier instant, symbole du lien entre le modèle et l’apprenti, l’« élite » et l’amateur, qui vont, après ces quelques mois de travail harassant mais salutaire, exprimer leur joie et montrer leur savoir devant une salle comble, composée en partie d’écoliers de Nogent et de résidents d’une maison de retraite, sous l’autorité bienveillante, précise, efficace et sans concession du professeur et instigateur Marie-Laure Paradis, sur qui repose la quasi-totalité de ce grand moment pédagogique, dense et magique, avec la collaboration active et passionnante de la surprenante jeune chef(e) invitée de l’Orchestre Pasdeloup, Alexandra Cravero.
Concert, audition, démonstration, résultat d’une autre pédagogie ? Ce rassemblement dont le noyau est l’école élémentaire Guy Môquet - il ne faut pas l’oublier –, rassemblement dû à la volonté et l’enthousiasme de son directeur Gilbert Coquard, mais aussi de l’enseignante Marie-Hélène Muniz, est un peu tout cela et mérite une attention toute particulière. C’est là que l’oreille se substitue à la vue. Il faut bien admettre que tout ce qui est banni au conservatoire se retrouve ici : justesse approximative, tenue de l’archet souvent baladeuse (quoi que ?...), groupe qui noie forcément les imperfections dans la masse d’une homogénéité relative, maîtrise pas forcément évidente de l’instrument. Mais en revanche, c’est le bonheur qui éclate au grand jour. Le bonheur de produire des sons, de les fabriquer avec les autres et de communiquer ensemble dans un langage approprié, compréhensible de tous, avec l’admiration et le respect pour leur professeur, qui leur apporte par son dynamisme intransigeant et contagieux, une manière toute particulière d’aborder la musique, expression ici revenue à son originalité : amour, passion et liberté. Il est certain, que ces enfants n’en sortiront pas intacts et qu’ils auront acquis pour toute leur vie, ce petit plus, mais combien important, qu’est l’amour de la musique, le respect des autres, l’envie de se sociabiliser dans la liberté. Bref, s’ils ne seront pas obligatoirement de grands virtuoses, ils connaîtront sans aucun doute le chemin de la pratique instrumentale et de la fréquentation des salles de concerts.
Mais le plus grand mérite de cet après-midi musical, où j’aurais aimé y rencontrer les nombreux directeurs et professeurs de conservatoire qui ne fréquentent jamais ces lieux qui risqueraient de porter ombrage à leur grand savoir immuable, auquel il ne faut pas toucher, ce sont les questions que cela suscite. N’y aurait-t-il qu’une manière d’enseigner ? N’y aurait-il que dans les conservatoire, où l’ont est censé y rencontrer l’élite pédagogique ( !), que l’enseignement est sérieux et infaillible ? Le but est-il d’amener les enfants à la connaissance et à l’amour des belles œuvres ou de former des techniciens infaillibles dépourvus de toute sensibilité et de toute connaissance de ce patrimoine fabuleux ? Peut-on enseigner avec rigueur tout en donnant du bonheur ? Il me vient mille autres questions à l’esprit, auxquelles je ne saurais répondre sans le préalable d’un échange fructueux entre ceux qui sont concernés. Et pourtant, j’ai ma petite idée…
Il faut que les pédagogies constructives que prône Marie-Laure Paradis, aient une suite logique au sein des conservatoires, en construisant le lien indispensable, qui pourrait concilier deux méthodes apparemment opposées. Oui, au début, la musique devrait être enseignée à l’école, à la condition que les enseignants soient formés avec rigueur et sans complaisance. Il faut que des Marie-Laure Paradis exercent dans toutes les écoles de France, sur un nombre d’années à définir, et que chacune de ces écoles, ait son orchestre à cordes ou à vents, mieux, les deux en formation symphonique, ce serait plus intelligent. Il faut que les conservatoires cessent définitivement cette stupidité de cours particuliers qui n’est qu’un moyen sélectif, au gré du professeur, selon son bon vouloir, sa capacité, son courage et sa ténacité, et… sa présence régulière.
Aujourd’hui, il y a « Vivaldi a dit ! » de Marie-Laure Paradis, « Orchestres à l’école » de Jean-Claude Decalonne, et il y en a sûrement quelques autres bien cachés, qui prennent forme et vie dans la région parisienne, et qui sont peut-être en pleine expansion. Pourquoi la plupart des autres régions sont-elles désertées, et surtout, ne se sentent en aucun cas concernées ? Qu’en pense la Savoie et son ADMS fonctionnarisée, son CRR aseptisé, et ses écoles agréées totalement dépassées. Mes propos ne concernent en aucun cas les quelques exceptions de professeurs dont le travail porte souvent ses fruits lorsqu’il n’est pas muselé par des directives imbéciles…
Si l’on trouvait un accord pensé, étudié en fonction de l’enfant et non d’une administration stérile et stupide (comme le sont toutes les administrations), un lien pourrait se créer entre les conceptions de Marie-Laure Paradis, celles de Jean-Claude Decalonne et celles de ceux qui vont dans ce sens et pensent d’une manière différente, comme les fervents de la pédagogie de groupe structurée, du solfège actif et méthodique, de la technique au service de la musique et de l’épanouissement de l’enfant. Alors, des progrès certains verraient le jour, et la musique deviendrait l’affaire de tous, amateurs, professionnels et mélomanes assidus et passionnés.
Ce n’est qu’un constat. Au conservatoire, on dit non en permanence : « Non, ce n’est pas ça, on recommence !...» Tout va dans le sens négatif, bridant l’enfant en lui enlevant par ce fait, son naturel et sa spontanéité, d’autant que des manières de jouer, il y en a au moins une par professeur, qui ont toutes leurs bons et leurs très mauvais côtés. J’ai vu hier une autre méthode qui consiste à dire oui le plus souvent : « Joue, exprime-toi, on verra après !... » Oui, c’est logique, mais il faut bien faire attention de tout contrôler et bien réfléchir à l’endroit où l’on veut aller. Ce peut être dangereux, et pourtant, c’est là qu’il faut puiser, s’inspirer et concilier. Je ne vois vraiment pas d’autres issues, d’autant que les professionnels de la musique (professeurs, directeurs musiciens d’orchestre et solistes), n’ont pas pour habitudes de s’exprimer… N’y en a-t-ils pas qui ont des idées ?
Il me faut conclure. J’ai écouté à Nogent-sur-Marne, une prestation basée sur l’intelligence, la connaissance psychologique de l’enfant, une volonté très affirmée de participer à l’épanouissement de cet enfant par la musique et par le lien social. C’est positif à cent pour cent. Cependant, j’ai plus de réticence quant à la technique instrumentale, où la justesse me paraît tout de même un problème à ne pas négliger. Il est vrai que faire travailler ensemble une trentaine de petits violonistes, deux fois une demi-heure par semaine, c’est une véritable prouesse, dont Marie-Laure Paradis s’est acquise avec un bonheur indiscutable. Alors, partant ce principe et de cet état de fait, comment faire pour améliorer les points cités, sans nuire à l’esprit de base. Pour moi, l’extension du système pourrait élargir l’expérience et résoudre les points négatifs grâce à une action plus développée dans le temps, dans la quantité et dans la qualité. Il faudrait aussi, parallèlement, instaurer une collaboration avec les conservatoires qui auraient accepté de voir la vérité en face, en prenant sans honte ses problèmes de susceptibilité à bras le corps et en les mettant de côté pour le bien de la pédagogie et de la vie musicale. Le problème est posé, le débat est lancé…
Après leurs nombreuses interventions les petits violonistes (et aussi des grands de taille) ont joué avec l’Orchestre Pasdeloup des extraits du Chœur des prisonniers de Nabucco de verdi, la Romance extraite des Noces de Figaro de Mozart, la Barcarolle extraite des Contes d’Offmann d’Offenbach, et le French Cancan du même compositeur. L’orchestre seul a terminer ce moment pédagogique et musical avec un mini-concert comprenant un Concerto pour 4 violons de Vivaldi, le Divertimento et la célèbre Petite Musique de Nuit de Mozart, sous la direction de leur jeune chef(e) invitée, Alexandra Gravero.
Alexandra Cravero, jeune femme d’une touchante simplicité, aura été pour moi, une révélation remarquable. Cette musicienne née, a conduit son orchestre, avec une souplesse, un phrasé et une clarté extraordinaires. Elle a su par de simples gestes appropriés, rendre à Vivaldi et Mozart, la grâce que trop souvent, on leur a confisquée, au nom d’une certaine virtuosité. Cette jeune chef(e) est à suivre et je ne manquerai aucune occasion de vous informer de sa carrière, qui devrait être des plus brillantes et des plus appréciées.
Hervé GALLIEN – les cahiers de la musique classique
LES 382 ÉLÈVES de l’école Guy-Môquet à Nogent-sur-Marne sont déjà rompus à la pratique d’un instrument grâce au violon, mais, à compter d’aujourd’hui, ils vont redoubler d’activité. Les élèves, de la grande section de maternelle au CM 2, participent à l’opération musicale Il pleut des notes. Une façon d’ouvrir l’école et de faire découvrir l’apprentissage du violon intégré à l’enseignement depuis 1997 à raison d’une heure par semaine.
« La première initiative a remporté un grand succès, souligne Gilbert Cocquard, le
directeur de cette école orchestre. Pour les parents, c’est l’occasion de s’initier au violon. Cette fois, nous avons proposé aux volontaires, qui ne sont pas forcément les meilleurs, de
travailler pour jouer avec un orchestre. Ils y ont mis beaucoup de coeur et d’effort depuis un mois. »
Le
stress commence à monter Au total, 80 enfants vont tenter l’aventure.
« C’est bien de jouer tous ensemble, confie Samuel, 10 ans. La musique nous fait oublier les soucis et on ne pense qu’à une chose, réussir. »
A l’heure des dernières répétitions, Marie-Laure Paradis, l’intervenante musicale, navigue entre les deux salles où les enfants travaillent, une fois les cours terminés. « Je les bouscule un peu,
confie-t-elle. C’est la dernière ligne droite et le stress commence à monter. » Devant le pupitre, le regard rivé sur leur partition, « Nabucco » ou « Figaro », les jeunes musiciens se
concentrent et comptent les temps. « Il faut faire des efforts pour être à la hauteur avec l’orchestre et ne pas rater les morceaux », reconnaît Lou, une petite fille de 7 ans aux cheveux blonds.
Il est un peu plus de 17 h 30 et, malgré la fatigue, les enfants s’appliquent, même en l’absence de Marie-Laure. « C’est impressionnant de jouer avec un orchestre, avoue Mila, 7 ans et demi. Cela
exige beaucoup de concentration.
» Leur volonté force l’admiration et Marie-Hélène Muniz, une enseignante qui n’est pas avare d’encouragements ni d’applaudissements. « Ils sont étonnants et très émouvants. » Cela ne les
empêchera pas de continuer à travailler les maths et le français mais tous les jours, il y aura un petit plus musical.
Le Parisien