Les Zaranous, un vrai projet social

La bonne note des Zaranous de Pont Audemer


La Zarafanfare a pu montrer au public les progrès effectués depuis le début de l'opération
PONT-AUDEMER.Les 6es du collège Pierre-et-Marie-Curie sont les premiers à participer à la Zarafanfare. Ils ont reçu leurs nouveaux instruments.

Les Zaranous, élèves des écoles Louis-Pergaud et Hélène-Boucher qui pratiquent la musique à l'aide d'un instrument de prêt, sont devenus grands. Certains d'entre eux sont désormais élèves en 6e au collège Pierre-et-Marie-Curie. Mais pour eux, pas question de laisser tomber la musique : l'association des Zaranous, qui leur prêtait un instrument à l'école, a décidé de poursuivre l'opération à l'arrivée au collège.

Des Zaranous à la Zarafanfare
Désormais, il faut appeler ces dix-sept Zaranous collégiens, la « Zarafanfare ». Un nouveau concept pour le collège Pierre-et-Marie-Curie de Pont-Audemer, qui accueille désormais cinq professeurs du conservatoire municipal pendant une demi-heure chaque midi. La professeur de musique du collège, Magali Robledo, s'est aussi investie dans le projet, consacrant aux jeunes musiciens deux heures au-delà de son temps d'enseignement
Même si, comme le reconnaît le principal du collège Curie, Pierre Gauthier, « il n'est pas toujours facile d'accorder les objectifs d'une association comme les Zaranous avec ceux de l'Education nationale ».

La fondation SFR, investie dans le projet musical depuis 2007 (elle avait financé l'achat d'instruments à hauteur de 30 000 €), a accordé une nouvelle dotation de 10 000 € pour continuer à fournir aux élèves des trombones, flûtes traversières et saxophones.

Une chance à saisir
Pour Alain Alberto, qui représentait la fondation SFR mardi soir à l'occasion du concert des musiciens en herbe, cette initiative est une chance qu'il faut saisir. « J'ai pris ma première clarinette à 7 ou 8 ans, et je m'en sers toujours aujourd'hui. Sachez qu'on est jamais seul avec son instrument, c'est quelque chose qui vous suit toute la vie », glissait-il aux enfants. Le maire de Pont-Audemer, Michel Leroux, a salué « des gens qui croient en la vertu de la musique et en celle du groupe », remerciant au passage tous les acteurs du projet avant que les enfants ne présentent leur instrument, à l'oral puis en musique.
Citant Jean-Claude Decalonne, le fondateur du concept des orchestres à l'école en France, le principal du collège laissait entendre que les élèves de la Zarafanfare sont plus aptes à respecter les règles, mais aussi plus aptes à l'entraide. « La pratique d'un instrument en groupe les oblige à être attentifs et à l'écoute des autres ». La musique n'adoucirait donc pas seulement les mœurs, mais elle pourrait bien avoir des vertus éducatives, voire fédératrices.
Valentin biret

Haut de page

Article paru le : 26 février 2010


PARIS NORMANDIE
PONT-AUDEMER. Les participants au dernier "Petit-déjeuner" se sont intéressés à l'expérience des orchestres à l'école.

«Je suis convaincu que le plus important pour un enfant, c'est de trouver un sens à sa vie », livrait le maire Michel Leroux au cours du dernier petit-déjeuner de Pont-Audemer, ce rendez-vous mensuel qui réunit les différents acteurs sociaux et économiques de la ville.

L'expérience des Zaranous, créés à l'école Hélène-Boucher (le premier, il y a déjà cinq ans) et Louis-Pergaud, a suscité un grand intérêt auprès des participants. Frédérique Davy-Cochin, la coordinatrice du projet à Pont-Audemer, et Jean-Claude Decalonne, le fondateur du concept des orchestres à l'école France, ont, il faut dire, mis tout leur talent et leur conviction à profit pour convaincre, s'il en était besoin, des vertues de cette action dans l'épanouissement des enfants. « C'est d'abord l'aspect social qui nous intéresse dans ce projet-là », indique Jean-Claude Decalonne, citant différents exemples d'enfants éprouvant des difficultés qui ont su les surmonter à travers cet orchestre en milieu scolaire.

« Aujourd'hui à
Pont-Audemer, ce sont 63 enfants qui pratiquent chaque semaine la musique à l'école en orchestre. C'est une pratique collective dès le début. Ce qui implique de respecter le groupe et le chef, et véhicule des notions très importantes de citoyenneté tout en contribuant à la mise en valeur des enfants par la pratique culturelle », décrit Frédérique. Un bénéfice pour chacun qui rejaillit aussi sur les familles invitées comme leurs enfants à se rendre aux spectacles ou aux concerts de la ville. Sans parler de la valorisation aux yeux de ses propres parents de l'enfant en difficulté scolaire, vite effacés par ses talents pour la musique… « Ce projet peut vraiment changer les choses pour ces enfants, ces écoles, ces familles et la cité », résume Jean-Claude Decalonne.

Article paru le : 13 février 2010

 

Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés